Communiqué de presse suite au C.A. de l'Université du 19 Février
Réuni en session plénière le Lundi 19 Février 2007, le Conseil d’Administration de l’Université de Poitiers a statué sur le cadrage du LMD proposé par le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire du Lundi 12 Février 2007.
Le cadrage comprenait dans les évolutions concernant les modalités de contrôle, la proposition de généraliser le QCM dans les règlements d’examens « sur la durée des six semestres de licence » sous le raisonnement que « indépendamment de l’intérêt que l’on peut trouver à ce mode particulier d’évaluation, il est apparu important au groupe que les étudiants y aient été confrontés au moins une fois, dans la mesure où un certain nombre de concours, examens, y avaient recours ».
D’autre part, le Conseil d’Administration s’est prononcé à 19 voix pour la suppression de la compensation annuelle pour la deuxième et la troisième année du cycle Licence contre 9 voix pour la conservation de la compensation annuelle pour l’ensemble du cycle Licence. La décision du Conseil d’Administration, applicable pour la rentrée 2008 à l’échelle de l’Université de Poitiers, comprend le maintien de la compensation annuelle pour la première année du cycle Licence tout en assurant pour la deuxième et la troisième année de Licence « un équilibre entre semestres en terme de difficultés, et à mettre en place des dispositifs d’accompagnement tels que les jury de progression ».
Le Collectif Alternatif Universitaire fait part de ses réserves sur une décision lourde de conséquences pour l’ensemble de la communauté estudiantine. D’une part, le Conseil d’Administration statue sur la suppression de la compensation annuelle alors que l’Université n’a pas les moyens logistiques, pédagogiques et humains pour apporter un équilibre entre semestres en termes de difficultés, comme l’atteste le double refus du budget de l’Université pour l’exercice 2007. D’autre part, la décision laisse la porte ouverte à l’augmentation flagrante des étudiants ajac [étudiants passant dans une année supérieure tout en n’ayant pas validé la totalité des enseignements de l’année précédente] comme l’atteste l’exemple de l’Université d’Angers.
Enfin, le Collectif Alternatif Universitaire émet également des doutes sur la véracité et la qualité du QCM comme modalité de contrôle alors même que le niveau de rédaction des étudiants en Licence est plus que souvent décrié par l’ensemble du milieu professoral. L’instauration généralisée de ce type de contrôle des connaissances est un risque qui ne peut se limiter à une initiative utilitaire.
L’Université est un lieu d’excellence qui doit le rester par un enseignement et un contrôle de connaissance de qualité tout en laissant l’opportunité aux étudiants le droit à l’erreur dans le cadre de leurs études.
[Communiqué publié dans l'édition du mercredi 21 Février dans la Nouvelle Republique]