Une réforme partielle de l'Université sera votée dès cet été
François Fillon a tranché : la loi sur l'autonomie des universités sera votée "au mois de juillet". Mercredi 23 mai, le premier ministre a précisé le périmètre de cette réforme qu'il a qualifiée de "peut-être la plus importante de la législature". Les établissements pourront "s'organiser comme ils l'entendent, recruter leurs enseignants comme ils l'entendent, créer les enseignements qu'ils veulent, mettre en place les accords avec les organismes de recherche, avec les grandes écoles, avec les entreprises, sans avoir besoin de demander l'autorisation à des tutelles", a détaillé M. Fillon.
Au grand soulagement des organisations étudiantes, le premier ministre a assuré qu'il "n'était pas question d'instaurer une sélection à l'entrée de l'université, ni d'augmenter les droits d'inscription".
D'ores et déjà, tous ses interlocuteurs ont perdu sur un point, celui du calendrier. A l'unanimité, ils réclamaient que cette réforme ne soit pas rédigée "dans l'urgence", cet été, pour s'appliquer dès la rentrée universitaire. Allégée de ses deux volets les plus polémiques - la sélection et l'augmentation des droits d'inscription -, la réforme, qui devrait porter sur les seuls aspects d'autonomie et de rénovation de la gouvernance, pourrait passer sans trop d'encombres. Mercredi, les organisations étudiantes ont fait part de leur satisfaction. Pourtant, une rédaction rapide, qui réformerait sur ces deux seuls sujets, risque de les priver de la possibilité de négocier une vraie réforme globale comme ils l'espéraient.
La ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche avait elle-même insisté, en début de semaine, sur sa volonté d'"une vaste réforme portant sur l'ensemble de l'enseignement supérieur". Elle avait cité, outre l'autonomie promise par Nicolas Sarkozy pendant la campagne, tous les aspects de la vie étudiante - logement, aides sociales, santé -, ainsi que la revalorisation des enseignants-chercheurs. Matignon en a décidé autrement.
Soucieux de piloter de près cette réforme et d'imposer son tempo, M. Fillon a fait venir dans son cabinet deux fins connaisseurs de l'université en la personne de Patrick Hetzel, ancien recteur de Limoges, auteur d'un rapport sur les liens université-emploi et Jean-Marc Monteil, professeur des universités, qui a été à la tête de la direction générale de l'enseignement supérieur de juillet 2002 à mars 2007.
Dans l'entourage de Valérie Pecresse, on assure que "tous les sujets seront mis sur la table et qu'ils pourront être conduits parallèlement à la loi sur l'autonomie". Ces différents dossiers pourraient être traités par des voies réglementaires ou abordées via des réformes qui ne concernent pas uniquement l'enseignement supérieur. "C'est notamment le cas de la réforme des premiers cycles ou encore de la question de l'amélioration des conditions d'accueil des étudiants", souligne Michel Lussault, président de l'université de Tours et porte-parole de la CPU.