Le gouvernement débloque 730 millions d'euros pour la réussite à l'université....
Article paru dans lemonde.fr le 13 Décembre
Sept cent trente millions d'euros cumulés d'ici à 2012, tel est le montant de l'enveloppe allouée à la réussite en licence, dans le cadre du plan que la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a présenté, jeudi 13 décembre, à la Conférence des présidents d'université (CPU), aux syndicats de personnels et aux organisations étudiantes. Cet effort équivaut à une hausse de 43 % du budget dédié aux trois premières années universitaires, dont le montant s'élève à 500 millions d'euros.
Ce plan a pour objectif de diviser par deux le taux d'échec en première année de licence. A l'étude depuis juillet, sa conception a été accélérée par le gouvernement pour sortir du mouvement de contestation contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. Sur les 280 000 étudiants qui entrent chaque année à l'université, 52 % échouent en fin de première année : 30 % redoublent, 16 % sont réorientés et 6 % abandonnent leurs études.
Pour lutter contre ce gâchis, le projet propose une refonte du contenu de la licence. La première année, baptisée "fondamentale", sera moins spécialisée. Outre la dominante disciplinaire, elle devra comporter des heures consacrées aux langues vivantes, à la méthodologie, à l'informatique. Durant cette première année, les étudiants bénéficieront du soutien d'un enseignant référent.
La deuxième année, dite de "consolidation" constituera la véritable entrée dans la spécialisation disciplinaire. Elle sera aussi consacrée à la découverte du monde professionnel sous forme de séminaires, de forums, de tutorat d'entreprise. Au cours de cette année, un suivi du projet personnel devra être assuré. Ce n'est qu'en troisième année que l'étudiant se spécialisera. Un stage obligatoire en entreprise devra être validé lors du cursus.
La nouvelle architecture entraînera une hausse des heures de cours. Cinq heures supplémentaires en moyenne seront octroyées aux universités pour chaque année de licence. Actuellement, le nombre d'heures de cours hebdomadaires varie entre 15 heures en lettres et 30 heures en sciences. Ce nouveau schéma s'inspire du projet de réforme sur lequel travaillait l'université de Rennes-II, l'une de celles où est né le mouvement de contestation contre la loi sur l'autonomie.
Ce renforcement pédagogique se fera sans création de postes d'enseignants. En revanche, les universités pourront recourir à des heures supplémentaires, défiscalisées, payées 40,06 euros. Pour chaque licence, une prime de l'ordre de 2 000 euros par an sera octroyée aux enseignants coordinateurs, chargés de concevoir le projet pédagogique. " Nous allons enfin donner une reconnaissance financière et symbolique à l'accompagnement des étudiants", explique Mme Pécresse. Les universités pourront aussi faire appel à de jeunes thésards occupant des postes de moniteurs ; 2 250 de ces emplois étaient déjà prévus dans le budget 2008. Enfin, des étudiants seront recrutés pour des tâches de tutorat.
Autre volet du plan, un "contrat de réussite" sera signé entre l'étudiant et son professeur tuteur. Le document contiendra des engagements réciproques, en terme d'assiduité par exemple, ou de soutien en cas de difficultés. Un effort sera aussi fait pour améliorer l'orientation des étudiants.
Enfin, des possibilités de réorientation seront ouvertes dès la fin du premier trimestre et en fin de première année. Le but est de développer des passerelles entre les filières post-bac, notamment avec les IUT et BTS. Ces filières courtes seront incitées, grâce à l'instauration d'un système de bonus financier, à s'ouvrir davantage aux bacheliers technologiques pour lesquels elles avaient été créées.
Actuellement, les IUT recrutent 68 % de bacheliers généraux et seulement 32 % de bacheliers technologiques. Avec les bacheliers professionnels, ces derniers essuient le taux d'échec le plus important à l'université. La réforme instaure un accès de droit à ceux qui auront obtenu la mention bien ou très bien.
Prévu pour prendre effet dès février 2008, le plan licence devrait, sur le fond, rencontrer peu d'opposition. Les principaux acteurs réclamaient depuis longtemps une rénovation du premier cycle, talon d'Achille de l'université. En revanche, les organisations étudiantes et surtout les syndicats d'enseignants risquent de critiquer l'absence de crédits pour la création de postes.
Un plan pour améliorer la réussite en licence, est-ce contestable?
Le refus de recruter de nouveaux enseignants chercheurs tout en privilégiant les heures sup et les contrats précaires (les bons vieux contractuels) ne semblent pas plaider pour la recherche et l'enseignement universitaire sur le long terme.
D'autre part, améliorer la réussite est une chose mais les finalités semblent assez obscures à l'image de la licence 3 de psychologie où la régulation des flux fait rage, une réussite en licence mais un refus en Master 1 ne change pas la donne.
De surcroit, considérant le nombre d'enseignants chercheurs dans une filière, le statut de référent parait bien obsolète pour bénéficier d'un suivi de qualité à l'image d'un tuteur de mémoire cumulant bien souvent les travaux d'étudiants.
Enfin, l'annonce n'a fait l'objet d'aucune concertation avec les acteurs de l'université et il parait bien présompteux de conclure sur un grand projet avec de grands effets pour l'Université.
Sept cent trente millions d'euros cumulés d'ici à 2012, tel est le montant de l'enveloppe allouée à la réussite en licence, dans le cadre du plan que la ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a présenté, jeudi 13 décembre, à la Conférence des présidents d'université (CPU), aux syndicats de personnels et aux organisations étudiantes. Cet effort équivaut à une hausse de 43 % du budget dédié aux trois premières années universitaires, dont le montant s'élève à 500 millions d'euros.
Ce plan a pour objectif de diviser par deux le taux d'échec en première année de licence. A l'étude depuis juillet, sa conception a été accélérée par le gouvernement pour sortir du mouvement de contestation contre la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. Sur les 280 000 étudiants qui entrent chaque année à l'université, 52 % échouent en fin de première année : 30 % redoublent, 16 % sont réorientés et 6 % abandonnent leurs études.
Pour lutter contre ce gâchis, le projet propose une refonte du contenu de la licence. La première année, baptisée "fondamentale", sera moins spécialisée. Outre la dominante disciplinaire, elle devra comporter des heures consacrées aux langues vivantes, à la méthodologie, à l'informatique. Durant cette première année, les étudiants bénéficieront du soutien d'un enseignant référent.
La deuxième année, dite de "consolidation" constituera la véritable entrée dans la spécialisation disciplinaire. Elle sera aussi consacrée à la découverte du monde professionnel sous forme de séminaires, de forums, de tutorat d'entreprise. Au cours de cette année, un suivi du projet personnel devra être assuré. Ce n'est qu'en troisième année que l'étudiant se spécialisera. Un stage obligatoire en entreprise devra être validé lors du cursus.
La nouvelle architecture entraînera une hausse des heures de cours. Cinq heures supplémentaires en moyenne seront octroyées aux universités pour chaque année de licence. Actuellement, le nombre d'heures de cours hebdomadaires varie entre 15 heures en lettres et 30 heures en sciences. Ce nouveau schéma s'inspire du projet de réforme sur lequel travaillait l'université de Rennes-II, l'une de celles où est né le mouvement de contestation contre la loi sur l'autonomie.
Ce renforcement pédagogique se fera sans création de postes d'enseignants. En revanche, les universités pourront recourir à des heures supplémentaires, défiscalisées, payées 40,06 euros. Pour chaque licence, une prime de l'ordre de 2 000 euros par an sera octroyée aux enseignants coordinateurs, chargés de concevoir le projet pédagogique. " Nous allons enfin donner une reconnaissance financière et symbolique à l'accompagnement des étudiants", explique Mme Pécresse. Les universités pourront aussi faire appel à de jeunes thésards occupant des postes de moniteurs ; 2 250 de ces emplois étaient déjà prévus dans le budget 2008. Enfin, des étudiants seront recrutés pour des tâches de tutorat.
Autre volet du plan, un "contrat de réussite" sera signé entre l'étudiant et son professeur tuteur. Le document contiendra des engagements réciproques, en terme d'assiduité par exemple, ou de soutien en cas de difficultés. Un effort sera aussi fait pour améliorer l'orientation des étudiants.
Enfin, des possibilités de réorientation seront ouvertes dès la fin du premier trimestre et en fin de première année. Le but est de développer des passerelles entre les filières post-bac, notamment avec les IUT et BTS. Ces filières courtes seront incitées, grâce à l'instauration d'un système de bonus financier, à s'ouvrir davantage aux bacheliers technologiques pour lesquels elles avaient été créées.
Actuellement, les IUT recrutent 68 % de bacheliers généraux et seulement 32 % de bacheliers technologiques. Avec les bacheliers professionnels, ces derniers essuient le taux d'échec le plus important à l'université. La réforme instaure un accès de droit à ceux qui auront obtenu la mention bien ou très bien.
Prévu pour prendre effet dès février 2008, le plan licence devrait, sur le fond, rencontrer peu d'opposition. Les principaux acteurs réclamaient depuis longtemps une rénovation du premier cycle, talon d'Achille de l'université. En revanche, les organisations étudiantes et surtout les syndicats d'enseignants risquent de critiquer l'absence de crédits pour la création de postes.
Un plan pour améliorer la réussite en licence, est-ce contestable?
Le refus de recruter de nouveaux enseignants chercheurs tout en privilégiant les heures sup et les contrats précaires (les bons vieux contractuels) ne semblent pas plaider pour la recherche et l'enseignement universitaire sur le long terme.
D'autre part, améliorer la réussite est une chose mais les finalités semblent assez obscures à l'image de la licence 3 de psychologie où la régulation des flux fait rage, une réussite en licence mais un refus en Master 1 ne change pas la donne.
De surcroit, considérant le nombre d'enseignants chercheurs dans une filière, le statut de référent parait bien obsolète pour bénéficier d'un suivi de qualité à l'image d'un tuteur de mémoire cumulant bien souvent les travaux d'étudiants.
Enfin, l'annonce n'a fait l'objet d'aucune concertation avec les acteurs de l'université et il parait bien présompteux de conclure sur un grand projet avec de grands effets pour l'Université.
Publicité