Villepin serre les cordons de la bourse pour les boursiers
Article tiré du Canard Enchainé du Mercredi 8 Août Après les tribulations du CPE, le gouvernement fait preuve d'un doigté rare pour redorer son blason auprès de la jeunesse estudiantine. Le 25 Avril dernier, Villepin proposait ainsi de "faciliter l'insertion sur le marché du travail" des étudiants boursiers, en prolongeant le versement de cette aide "pendant trois mois" après l'obtention du diplôme. Cette mesure était applicable dès cet été, s'était avancé le grand homme. L'été venu, les boursiers ont attendu, mais les sous en sus, point...Qu'est devenue la chic idée? "Nous n'avons pas d'élèments sur cette question", explique-t-on benoîtement au cabinet du ministre délégué à l'enseignement supérieur, Francois Goulard. Envolée la belle promesse§ En fait, enfoncée par une nouvelle annonce, plus médiatique: la création, dès le mois prochain, d'une allocation de rentrée universitaire, calquée sur l'allocation de rentrée scolaire. Lancée début juillet par un rapport parlementaire, l'idée de cette allocation a été reprise de vole par le ministre de l'éducation, Gille de Robien, puis par Chirac, qui s'est dit "favorable" le 14 Juillet. Le cabinet de Robien avait alors évoqué la création d'un dispositif assez généreux, devant bénéficier aux 500 000 étudiants de familles modestes, pour un montant d'environ 150 à 200 euros. Mais c'était avant de faire les comptes: pareille mesure coûterait 90 millions d'euros au minimum. Le ministère de l'éducation a vite réduit la voilure, parlant pour la rentrée à venir d'u budget de 50 à 60 millions. Encore trop cher. Depuis trois semaines, les crâns d'oeuf de Bercy planchent dur pour écremer le nombre de bénéficiaires. L'arbitrage qui se dessine devrait limiter l'allocation aux seuls boursiers, et uniquement à ceux qui quittent le foyer familial. Le tout, pour un prix cassé: une vingtaine de millions d'euros au total Pas vraiment ce qui était annoncé au départ, ni ce qu'attendaient les étudiants. Les droits d'incription continuent d'augmenter, et plus vite que l'inflation: + 5%, sans parler des droits non obligatoires que les facs oublient de présenter comme tels [environ 62 % des Universités reclament de manière illégale des frais annexes, allant de 30 à 3500 euros]. Gilles de Robien s'était engagé l'an dernier à mettre un terme à ces pratiques. Une autre promesse en l'air? On n'ose y croire...