Un rapport officiel dénonce l'inefficacité économique de la recherche publique

Publié le par Julien

Article paru dans le monde.fr le 15 Janvier
En dépit des mesures prises depuis la loi sur l'innovation et la recherche de 1999, la valorisation de la recherche ne progresse pas en France depuis quinze ans."
Les premières lignes du rapport d'enquête sur la valorisation de la recherche, réalisée par l'inspection générale des finances et l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche sont sans ambiguïté. Le rapport de 200 pages, aboutit à un constat extrêmement pessimiste. [...] Les politiques mises en place depuis quinze ans [...] n'ont fait qu'augmenter la dépense publique de recherche déjà très élevée en France. Elle a multiplié les intermédiaires, rendant un certain nombre de mesures contre-productives. 
DÉPENSES INÉGALEMENT RÉPARTIES
10 % des laboratoires font 90 % des contrats. Le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et les écoles d'ingénieurs concentrent 69 % des contrats bien qu'ils ne totalisent que 40 % de la dépense de recherche. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et les universités, à l'inverse, n'engendrent que 24 % des contrats pour 45 % de la dépense.
Ce décalage ne serait pas dû au fait que le CNRS et les universités font davantage de recherche fondamentale et sont donc moins à même de bénéficier de contrats, comme on pourrait le penser. "Les laboratoires engagés dans la valorisation sont à l'origine de plus de publications dans les revues de recherche spécialisées", affirment les auteurs.
[...] Le secteur public n'est pas seul en cause. Les entreprises le sont aussi. Elles emploient peu de chercheurs universitaires. "Les ingénieurs recrutent des ingénieurs", ce qui ne favorise pas l'hybridation entre les deux cultures.
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F
Chronique d'Erik Izraelewicz sur Europe 1 - mardi 16 janvier 2007<br /> <br />  <br /> Gaspillage dela recherche publique française.<br /> <br /> mardi 16 janvier 2007<br /> Les laboratoires publics cherchent, ils ne trouvent pas. Un nouveau rapport, de l'Inspection générale des Finances cette fois-ci, révélé hier soir par Le Monde, dénonce la gabegie de la recherche publique française. Beaucoup d'argent, peu de résultats, Erik Izraelewicz ? Oui. S'il y a, en France, une industrie qui tourne, c'est bien celle des rapports. S'il y a ensuite, dans cette industrie, un créneau qui est particulièrement florissant, c'est celui des rapports sur la recherche publique française. Cette industrie ennuie - c'est vrai que sa production est d'une grande monotonie. Rapport après rapport, c'est toujours la même histoire. Et pourtant, rien ne change. L'an dernier, l'inefficacité de nos laboratoires publics avait déjà été dénoncée dans un premier rapport par l'association nationale de la recherche technique (l'ANTR), dans un second par l'Observatoire des Sciences et des Techniques (l'OST). Aujourd'hui donc, un nouveau rapport, de Bercy et Grenelle réunis, vient confirmer, une nième fois ce que l'on sait déjà. La recherche publique française est inefficace. Elle trouve peu. Elle est incapable de valoriser le peu qu'elle trouve, d'en faire profiter la collectivité. Sur tous les indicateurs disponibles - le nombre de publications, de brevets ou de partenariats, ces rapports révèlent une France en retrait, en recul, en déclin. La recherche, la science, l'innovation : c'est pourtant, tout le monde en convient aujourd'hui, l'une des réponses de nos pays développés à la Chine ! Explication : les laboratoires publics manquent de moyens ? Ca, c'est totalement faux. Comme tous les autres, ce nouveau rapport montre que le CNRS, ses frères et ses enfants ne manquent ni de crédits, ni de chercheurs. En matière de R et D, de recherche et développement, la dépense publique par habitant place la France très haut. La recherche publique, c'est aujourd'hui 210.000 personnes - 48.000 chercheurs-enseignants, 28.000 chercheurs tout court. Des effectifs importants, en progression constante ces dix dernières années. Non, ce dont souffrent les laboratoires d'Etat, ce n'est pas d'un manque de moyens, c'est d'une mauvaise organisation et d'une piteuse gestion. Les réformes engagées, il n'en a pas manquées, n'ont, pour l'instant, pas réussi à réveiller le mammouth. Les solutions ? Inutile de produire de nouveaux rapports, tout le monde les connaît. Il suffit de regarder comment ça fonctionne dans les pays qui trouvent. Là, l'argent est mis sur des projets précis, des projets qui font l'objet d'une sélection rigoureuse, régulière et transparente, avec des chercheurs financièrement intéressés, avec aussi un lien plus fort entre laboratoires, universités et entreprises. Rien de bien original donc. La France, c'est aujourd'hui le Royaume de la recherche contemplative. Si rien n'est fait, elle ne sera bientôt plus qu'un musée, un zoo plutôt où Américains, Chinois et Indiens viendront contempler, justement, derrière des grilles, nos vénérables Professeurs Tournesol.
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F
Je pense effectivement qu'il faut modérer la première partie du propos. Je pense qu'il est logique que la recherche fondamentale, non négligeable dans les universités et le CNRS, ne ramène pas des contrats à tour de bras. Je me réjoui d'ailleurs que la secteur public le fasse. Sinon qui? L'impact est sans doute plus fort que ce que l'enquête semble vouloir admettre. Maintenant, il existe un certain "corporatisme". Les réseaux des écoles, notamment d'ingénieurs, ne sont pas un mythe mais une réalité bien rodée.  Et c'est dommageable ! Nous pouvons à mon avis mettre à l'index les universitaire d'avoir une démarche parallèle : un universitaire préfère souvent un universitaire ! La solution se trouvera je pense dans ce que le journaliste et le rapport appellent "l'hybridation des deux cultures". Pour ma part, je suis réaliste, j'appellerais cela la complémentarité, ou symbiose dans le meilleur des cas, des deux cultures. Je pense que chaque entité persistera.
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