Gilles de Robien crée, à contre-courant, la plus petite université de France, à Nîmes
L'annonce avait surpris, car aucun nouvel établissement n'avait vu le jour depuis la création, en 1995, de l'université de Bretagne-Sud. M. de Robien s'était rendu le 7 décembre sur le campus nîmois, où il avait été accueilli par M. Yvan Lachaud, député (UDF) du Gard. Depuis 1994, M. Lachaud défendait ce projet, dont l'opportunité a été critiquée par la Conférence des présidents d'université (CPU) au motif que la nouvelle structure n'atteint pas la "taille critique" permettant de garantir une visibilité et une attractivité suffisantes.
Selon le vice-président de la CPU, M. Jean-Pierre Finance, le "travail en cours" avec le ministère "va au contraire dans le sens du regroupement et de la mutualisation des moyens", notamment à travers les PRES (pôles de recherche et d'enseignement supérieur). Pour l'UNEF, la création de l'université doit beaucoup à la "proximité politique" entre le député du Gard et le ministre de l'éducation. M. Lachaud a pour sa part fait valoir que cette structure, "vouée à des formations à visée professionnelle, permet d'accueillir sur place 42 % d'étudiants boursiers" et que sa transformation en université a été approuvée par le Cneser (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). Offrant actuellement 6 licences et 4 masters professionnels, la nouvelle université souhaite atteindre d'ici cinq ans 5 000 étudiants et poursuivre son développement dans quatre secteurs : sécurité nucléaire, bio-ingénierie, transfert d'images et arts appliqués. Son intégration est prévue au futur PRES du Languedoc-Roussillon.