Compte-rendu du C.A. du 17 Décembre
Plus de huit heures de session plénière, l'intervention du mouvement étudiant, le report du vote sur les modifications des statuts de l'Université, l'adoption du budget 2008 et la présentation du plan licence, le dernier Conseil d'Administration de l'année 2007 fut riche en débats. Tour d'horizon des décisions prises et des futurs projets qui annoncent un exercice 2008 riche en évènements.
1. Modification des statuts :
Le premier point du Conseil concernait la modification des statuts de l'Université de Poitiers suite à la promulgation du premier décret d'application de la loi LRU sur la démocratie interne. Après de longs débats et l'intervention du mouvement étudiant qui présentait ses "cadeaux" au conseil, les modifications furent soumises au vote. Les résultats du scrutin - 26 voix pour, 12 contre et 6 abstentions (abstention considéré comme vote contre) - impliquent le report du vote puisqu'une modification statutaire nécessite les 2/3 des voix. Il est interessant de faire remarquer qu'il s'agissait de la modification la moins contestable dans le mouvement anti-LRU et que les décrets d'application concernant les fondations (prévu pour début janvier) et le statut des enseignants chercheurs risquent de connaitre une contestation plus conséquente au sein du C.A. D'autre part, le vote est repoussé à la prochaine session plénière au mois de janvier et revet une grande importance puisque la modification des statuts est obligatoire pour permettre l'organisation des élections au Conseils Centraux (C.A, CEVU, C.S) le 20 Mars 2008.
Le C.A.U s'est positionné contre au même titre que l'élu "Etudiants à gauche" tandis que les élus AFEP et UNI se sont prononcés favorablement. Il est à noter que l'UNEF ne siégeait pas, une mode que le syndicat perpetue depuis deux ans déjà.....
L'intervention du SNESUP, soutenue par le CAU et Etudiants à Gauche, en faveur du report du vote et de l'organisation des Etats Généraux de l'Université visant à inviter l'ensemble des acteurs de l'Université de Poitiers pour réfléchir et mettre en oeuvre une vraie réforme, est restée sans suite.
2. Report des dates d'examens :
Le deuxième point du Conseil d'Administration concernait le report des examens dans les UFR SHA et Lettres-Langues suite aux trois semaines de blocus. Suite aux conseils des deux UFR et du C.E.V.U., les dates d'examens sont reportées du 14 au 19 Janvier pour Sciences Humaines et Arts. Le début des partiels est fixé au 16 Janvier pour Lettres Langues et Arts mais une deuxième semaine sera nécessaire (la fin de la première session d'examen est fixée au Samedi 26 janvier). La reprise des cours sera effective dès la fin des examens, supprimant de ce fait la semaine de pose pédagogique initialement prévue dans le calendrier annuel de l'Université de Poitiers pour les deux UFR bloqués, soit le 21 Janvier pour SHA et le 28 pour Lettres-Langues et Arts.
3. Budget 2008 :
Le Conseil a statué sur un nouveau budget avec moins de difficultés d'adoption que l'année précédente puisque le vote du budget 2007 fut refusé par deux fois par le Conseil d'Administration. La balance des recettes et des dépenses est, de nouveau, désequilibrée de plus d'1.5 millions d'euros pour le budget de fonctionnement. Le déficit est compensé par le budget d'investissement mais également par le prélèvement de plus de 700.000 euros sur le fond de roulement de l'Université de Poitiers. Pour rappel, la tirelire de l'Université est estimée à près de 20 millions d'euros, on manque d'argent mais les composantes ne consomment pas tous leurs crédits (en moyenne 85 % des crédits sont utilisés) et les caisses sont encore remplies de manière conséquente....Une belle aberration née des budgets fléchés alloués à chaque structure qui ne peuvent être réaffectés à une autre s'ils ne sont pas consommés entièrement. Le budget initial 2008 atteint la balance d'environ 60.000.000 d'euros et trois décisions budgétaires modificatrices (les D.B.M) seront, au minimum, nécessaires pour réadapter le budget par rapport aux réalités des dépenses et des recettes. Pour rappel, le budget 2007 a nécessité une quatrième modification au Conseil du 17 Décembre avec une réduction de près de 6.000.000 d'euros grâce aux économies de la DPI (Division du Patrimoine Immobilier), de l'UB 900 (Unité Budgétaire principale de l'Université) mais également des UFR SFA et Droit-Sciences Eco. On en revient toujours au même problème, on manque de moyens mais on ne les consomme pas intégralement et nos batiments sont tellement resplendissant que la DPI pouvait se premettre de faire des économies (sic). Malgré les effets d'annonce du gouvernement sur le réengagement de l'Etat dans le budget Universitaire sur 5 ans qui sont bien souvent sans suite, le manque de moyens des UFR qui ne consomment pas tous leurs crédits, le budget 2008 a été adopté à 26 voix pour, 11 contre et 6 abstentions. L'élu du C.A.U. s'est opposé au budget. Pour rappel, le Service Commun de Documentation dirigé par Stéphane Bassinet avait annoncé au dernier Conseil d'Administration qu'il n'y aurait aucun achat d'ouvrage pour l'exercice 2008 à cause du manque de moyens, à l'exception du CESCM (Centre d'Etudes Médiévales), des IUT de Nort et d'Angoulême. Tout va bien Madame la Marquise....
4. Le Plan Licence :
Suite à l'annonce de Valérie Pécresse le 13 Décembre au Conseil des Ministres pour améliorer la réussite en Licence et lutter contre l'échec étudiant, le Conseil d'Administration a débattu sur ses modalités d'applications à l'échelle de l'Université et son regard fut des plus critiques. Augmentation du volume horaire des Licences, mise en place de professeurs référents, promotion du tutorat, de stages, des projets financés pour la première année à la hauteur de 400.000 euros environ pour l'Université de Poitiers. Des moyens financiers promis par le ministère mais aucun effort n'est envisagé du point de vue des moyens humains tout en prenant en considération que l'enveloppe devra être répartie entre les dix composantes de l'Université, soit un forfait de 40.000 euros, il ne reste pas grand chose.... D'autre part, l'augmentation du volume horaire des licence, surtout pour SHA et LL (1250 heures de cours contre 1800 en droit, pour les mêmes droits d'inscription, sic) était déjà en cours de finalisation et n'avait pas attendu Valérie Pécresse pour améliorer l'enseignement en Licence. De surcroit, la mise en place de professeurs référents dans des filières à fort effectif et un encadrement pédégogique limité rend la proposition caduque. Pour exemple, la filière psycho rassemble 450 étudiants pour la première année pour près de 30 professeurs, soit un ratio de 15 pour 1. Un chiffre malheureusement théorique en raison du manque de motivation, de disponibilité d'une grande partie des enseignants se consacrant exclusivement à la recherche et totalement désinteressés par les étudiants en première année de Licence. En parallèle, le projet n'implique aucune augmentation de postes d'enseignants chercheurs mais propose la multiplication d'emplois précaires de droit privé, plus communément appellés contractuels. Moins couteux en charges et en salaires tout en étant employés sur des durées déterminées, les contractuels permettent aux équipes pédagogiques de bénéficier d'une main d'oeuvre pour aider les premières années mais la stratégie dessert sur le long terme l'Université du point de vue de la recherche et d'un accompagement cohérent envers les étudiants. Enfin, le projet d'augmenter le taux de réussite des Licences à 60 % sans l'apport de moyens humains et des moyens financiers limités est loin d'être cohérent. D'une part, la politique de 80 % de réussite au baccalauréat a montré ses carences avec une baisse aggravée du niveau des bacheliers. D'autre part, l'augmentation du taux de réussite ne règle pas le problème de la séléction à l'entrée du Master mise en place en Psychologie cette année et appliquée partout de manière officieuse pour les Master II.